Méthode de rééducation neuro-fonctionnelle que j'utilise avec Blandine :

Nous allons parler de choses très simples et connues de tous. Elles sont simples parce qu'elles appartiennent à la nature et que nous 1es connaissons ataviquement. Si nous plantons une graine de haricot à l'endroit adéquat, nous savons d'avance ce qui va arriver: elle va germer, croître avec ses caractéristiques propres, va produire des haricots dans lesquels nous trouverons des graines semblables à celles que nous avons planté.

Cela arrive parce que chaque semence possède un programme génétique bien déterminé. Tout être vivant est ainsi. De sorte que l'on sait ce qui va arriver pendant le développement. La même chose se produit donc pour l'être humain: un bébé naît, nous savons qu'il atteindra dans l'avenir les caractères d'un adulte, homme ou femme. Tout cela nous parait tellement naturel que nous n'observons même pas les miracles qui se déroulent chaque jour sous nos yeux. Un bouton de fleur qui s'épanouit, un oiseau qui construit son nid, un enfant qui essaie ses premiers pas! Pour chaque être vivant il se produit toujours un changement...

Chez l'homme aussi ces changements surviennent dès qu'il est conçu jusqu'à l'instant de sa mort. C'est ce que nous appelons développement. Peu importe que ce développement soit moteur ou du langage ou intellectuel ou même émotionnel. Tout est développement. Des changements arrivent même en notre personnalité suivant nos expériences et apprentissages. Ce n'est pas parce que nous sommes, adultes que nous cessons de nous développer. Nous sommes toujours en train de changer que nous le voulions ou non, grâce aux: "sages lois de la nature!"

Marcher, parler, penser

En étudiant le développement d'un être humain, de nombreux abordages peuvent être soulignés. Pour Rudolf Steiner une des relations les plus importantes pour la connaissance et l'application dans l'éducation - et par extension également lors d'un processus thérapeutique - est celle qui existe entre la marche, la parole et  la pensée. Il affirme que ces trois activités définissent l'être humain en tant que tel : l'homme est l'être qui marche debout, qui utilise un langage codifié et élabore des idées, c'est-à-dire qu'il pense. il est important de comprendre comment Rudolf Steiner caractérise chacune de ces activités.

Marcher n'est pas seulement se déplacer. Se mettre et marcher debout est seulement la marque la plus visible d'un processus beaucoup plus ample et complexe. C'est un processus évolutif qui amène l'enfant d'une position horizontale à une verticale. Il va devoir vaincre la force de la gravité et placer son corps dans l'espace avec équilibre et harmonie en dominant toutes les directions spatiales. Jusqu'à arriver à se maintenir debout l'enfant passe par plusieurs phases: il roule, rampe, marche à quatre pattes et marche. Cela se produit cependant dans le cas d un enfant qui a un développement tout à fait normal. Il peut aussi ne pas passer ou incomplètement par toutes ces étapes. Et nous disons donc avec raison que par exemple il a "sauté" l'étape de la marche à quatre pattes. Et pourquoi disons-nous qu'il a "sauté" une étape? Parce qu'une fois de plus nous savons qu'il est ataviquement naturel et normal qu'il marche à quatre partes. Toutes ces phases sont propres à la nature humaine et sont touchées par les impulsions de l'organisme lui-même. Si elles appartiennent à la programmation génétique humaine elles doivent naturellement être importantes au sein du développement d'un enfant.

Parler n'est pas restreint au seul langage oral mais inclut tous les types de communication. Il existe plusieurs genres de langages : gestes, mimiques, lecture, écriture, mathématiques, musique, code morse et tant d'autres. Selon Pedro Bloch il existe aux îles Canaries une communication par sifflements. Il paraît qu'on l'utilise encore pour lire les Psaumes pendant les cérémonies religieuses. De sorte que les enfants communiquent de plusieurs façons, et que la première communication de l'enfant est son propre corps. Quand il étend les bras pour qu'on le prenne, cela n'en est pas moins une communication. Comme le dit David Boodello : même le silence absolu nous dit quelque chose d'une personne. Il est impossible que l'individu ne puisse communiquer !

Penser ne doit pas être compris comme la seule possibilité d'élaborer des idées, mais  également comme les capacités d'apprendre et de s'adapter au milieu dans lequel vit l'individu. Nous pouvons par exemple rappeler l'histoire de l'enfant loup d'Aveyron, en France :

Quand il fut trouvé pendant son adolescence, il avait un comportement très proche de celui des loups : il marchait à quatre pattes, lapait l'eau, exactement comme le font les animaux, hurlait avec les loups (c'était son langage). Cela signifie qu'il a assimilé et s'est adapté au milieu ambiant qui lui a été disponible.

Mais, si nous prenons un petit animal comme un chat, et que nous l'élevons à l'écart de ses semblables, seulement parmi des hommes, lorsqu'il arrivera à l'âge adulte il se comportera exactement comme ses frères chats : il marchera à quatre pattes (et non debout comme les hommes qui l'ont élevé) miaulera et ne parlera pas, aura les mêmes réactions et comportements que ses semblables, comme s'il avait toujours vécu avec eux.

Et nous pouvons nous demander :  Pourquoi est-ce que l'homme (l'enfant-loup) a paru perdre son identité ou son caractère d'être humain (en marchant à quatre pattes, en hurlant, etc.) et que le chat a gardé ses caractères de chat ? Exactement parce que l'être humain a la capacité de s'adapter et d'apprendre, caractéristiques  comprises dans ce que Rudolf Steiner appelle la pensée.

En général les animaux sont programmés pour accomplir leur potentiel génétique, sans pouvoir le modifier. Cependant avec l'homme c'est différent. Il possède aussi son programme génétique, mais, pour l'effectuer, il a besoin de l'ambiance adéquate. Globalement, il va suivre son processus de développement, égal pour tous. Il appartient au programme génétique en apprenant à marcher, parler et penser. Mais chacun de nous peut développer ses capacités propres.

Certains développeront particulièrement leurs capacités motrices, qui sont liées au processus de la marche, d'autres développeront plus l'activité de la parole, d'autres encore développeront plus leur capacité intellectuelle, la pensée. Tout ceci peut arriver parce que l'être humain a la capacité de pouvoir choisir, il possède le libre arbitre ! C'est le pouvoir de la pensée... Seul l'homme a cette merveilleuse capacité de penser, ce qui le différencie des animaux. La parole et la pensée sont tellement liés qu'il est difficile de distinguer ce qui appartient à l'une ou à l'autre quand il s'agit d'activités  intellectuelles.

Relations entre la marche, la parole et la pensée :

Il existe toujours un signe qui caractérise chacune de ces activités.  Nous disons que l'enfant commence à marcher quand il se dresse et se déplace verticalement ce qui arrive vers un an. C'est entre un an et demi et deux ans que nous pouvons dire que l'enfant commence à communiquer au moyen du langage oral. Et quand pouvons-nous dire que l'enfant commence a montrer sa capacité de penser, l'activité d'élaborer des idées ? Pour Rudolf Steiner cela arrive vers les trois ans, quand il commence à dire "Moi" de lui même.

Ces trois activités sont liées, interdépendantes et se développent parallèlement, bien que pour chaque âge il existe une prédominance de l'une d'elles, de même qu'il existe aussi une séquence lors de l'acquisition et de la manifestation de la caractéristique la plus évidente de chacune de celles-ci. Comme nous l'avons dit, l'enfant commence à marcher vers un an, à parler vers deux et à penser vers trois ans. Durant cette séquence, dit Rudolf Steiner, il y a une certaine dépendance d'une activité par rapport à l'autre. Il affirme:"Par un processus mystérieux de l'organisme humain, de la même façon qu'un enfant apprend à marcher, à s'orienter dans l'espace, à se déplacer d'un endroit à l'autre, la marche en vient à se manifester comme un langage. La parole est donc un produit de la marche, c'est à-dire un produit de l'orientation dans l'espace.  C'est un fait réel que quand l'enfant commence à parler, l'organisme entier est actif. Les mouvements extérieurs se transforment en mouvements intérieurs de langage".

Cette affirmation peut paraître très étrange, mais Quiros, - le grand orthophoniste argentin - admet aussi que tout le corps, tout le système nerveux central, prend part au processus de la parole : il est difficile de trouver une partie du corps qui puisse ne pas avoir de rapport avec la communication ou le langage

Même la moelle épinière, qui pourrait paraître ne pas avoir de rapports avec ces fonctions essentielles, apporte une contribution très importante, comme celle d'informer le cortex cérébral de l'existence de la posture, des mouvements des extrémités et des autres parties du corps, ce qui permet à l'individu de disposer de tout son corps en fonction de la correspondance correcte de signaux et de symboles avec ses semblables. Nous réaffirmons donc qu'il n'existe pas de tissu nerveux central qui ne puisse arriver à être lié au langage, dans l'ample acceptation de ce terme.

Piaget, comme Quires, se réfère également à la connexion entre ces trois activités décrites par Rudolf Steiner : L'intelligence sensorielle-motrice (que nous devons interpréter comme la marche de R. Steiner), qui précède le langage, prépare, sur le terrain de l'action élémentaire, ce qui plus tard va se transformer en pensée  réfléchie.  Piaget affirme encore qu'il doit existe un pont entre l'intelligence sensorielle-motrice et la pensée réfléchie.. C'est ainsi qu'il se situe : c'est le langage qui se développe dans un ordre défini et se transforme en pensée seulement quand il est apte à se laisser transformer.

Qu'est-ce que cela signifie ? Que tout dépend d'une maturation neurologique pour pouvoir se manifester. Piaget et R. Steiner disent la même  chose avec des mots quelque peu différents. L'un parle de la marche (pour Piaget l'intelligence sensorielle-motrice), de la parole (pour Piaget, le langage) et de la pensée (pour Piaget, la pensée réfléchie). D'autres auteurs traitent du même sujet avec des termes différents, mais qui signifient la même chose. Vigotskii, Luria et Leonfiev ont publié un livre intitulé "Langage, développement et apprentissage"

Quiros et Schrager ont écrit "langage, Apprentissage et Psychomotricité". Tous traitent du même sujet, c'est à dire des rapports entre les trois activités qui constituent la propre définition de l'être humain: marcher, parler et penser. On ne peut les séparer, de même qu'on ne peut diviser l'homme.

De telle sorte que, comme la parole se développe à partir du processus de la marche, la pensée se développe à partir de l'évolution du langage. Si d'un côté la parole est le véhicule qui exprime la pensée, d'un autre côté on ne peut penser sans le langage. Le médecin qui était chargé de traiter l'enfant-loup de l'Aveyron disait à l'infirmier qui l'aidait: "Faites-le parler car c'est ainsi que nous pourrons savoir s'il peut penser.." Rozental, en se référant à l'autisme, affirme: Le défaut de la parole entrave évidemment le développement des autres facultés intellectuelles, comme la pensée abstraite, la formation de concepts ou la pensée critique, qui dépendent du développement des facultés verbales.

C'est en analysant toutes ces considérations que je me suis convaincue qu'il n'avançait à rien de placer un sujet devant un miroir pour lui apprendre à parler ou pour corriger certains défauts d'articulation. Ou encore d'utiliser les jeux les plus divers de figurines dont les noms sont écrits avec les mêmes phonèmes

J'ai eu connaissance de la conférence de Rudolf Steiner sur la marche la parole et la pensée peu de temps avant de conclure le cours de Phonoaudiologie. J'ai terminé ce cours insatisfaite, non pas avec la partie théorique et scientifique qui d'ailleurs, fut très bonne  avec des professeurs compétents et un programme particulièrement bien choisi, mais plutôt avec la partie pratique et particulièrement thérapeutique. Je ne voulais pas traiter les symptômes proprement dits, mais bien ce qui aurait causé ces symptômes, ou encore ce qui les aurait précédés.

Organisation neurologique Temple Fay

Je croyais en ce qu'avait dit Rudolf Steiner, que c'est le processus de la marche qui conduit à la parole. Restait à découvrir quel était ce processus. J'ai eu alors la grande chance de connaître le travail de Temple Fay et ses disciples, Carl Delacato, Glenn Doman, Raimundo Veras, Edward Le Winn et autres.

Le processus nature! de la connaissance humaine est en continuel appui sur les connaissances des prédécesseurs et la préparation de chemins pour ceux qui suivront.  C'est ainsi que s'achemine toute l'humanité en son évolution de la connaissance. Lors de la rédaction d'un travail scientifique, d'une thèse, on exige des citations bibliographiques. En réalité cela signifie que les idées nouvelles se sont appuyées sur des connaissances antérieures. De manière telle que la science forme une véritable pyramide, ou chacun place son pied sur l'épaule d'autres  et devrait aussi être disposé à offrir ses propres épaules pour que cette pyramide puisse continuer à croître. Mais il est très important que chacun ne s'enorgueillisse pas du peu qu'il a réussi à apporter comme contribution pour ouvrir de nouveaux chemins. Et nous devons encore moins oublier ceux qui nous ont offert leur épaule.

Parfois, celui qui nous a permis de faire un pas en avant ne sait même pas qu'il nous a servi d'appui, ce!a parce que certains d'entre eux, qui nous ont légués leurs connaissances, leurs créations, leurs indications, n'existent déjà plus . Je veux ici rendre mon sincère et humble hommage à tous les auteurs cités, spécialement à Rudolf Steiner et Temple Fay, dont les philosophies et indications m'ont donné l'occasion de soigner tant de personnes, qui m'ont recherchée pour que leurs difficultés soient éliminées ou diminuées.

Temple Fay, un neurochirurgien américain, a vécu et souffert la deuxième guerre mondiale. Avec ses collaborateurs (en particulier Doman et Delacato), se défiant des méthodes alors pratiquées, il réalisa des études et des expériences sur le développement de l'être humain.

En plus de leurs expériences personnelles, ils utilisèrent le monumental travail de Gesell sur le développement des enfants normaux. I1 n'y a ici pas lieu de raconter tout l'historique du travail de Temple Fay. Nous allons seulement citer les concepts basiques à partir desquels il a développé sa méthode.

Son premier prémisse a été que l'ontogenèse (développement de chaque individu) résume sous certains aspects la phylogenèse (évolution des espèces). Il nomma ce développement, qui mène l'enfant d'une position horizontale à la station debout et à la marche, d'organisation neurologique qui se produit au moyen du propre développement ontogénétique. Delacaro la définit ainsi:

" L'organisation neurologique est cette condition physiologiquement la meilleure qui s'achève uniquement chez l'homme, comme résultat d'un développement nerveux ontogénétique ininterrompu. Ce développement résume le développement nerveux phylogénétique de l'homme; il commence à l occasion du premier trimestre de la grossesse et se termine, pour les individus normaux, vers l'age de six ans et demi. Comme cela se produit pour tous les mammifères, chez l'homme ce développement organisé progresse verticalement au long de la moelle épinière et de toutes les autres régions du système nerveux central, jusqu'au niveau du cortex. Le développement final particulier à l'homme se réalise ou niveau du cortex et est latéral de la gauche vers la droite ou de la droite vers la gauche. Pour être complètement humain, l'homme doit être capable d'utiliser le langage. Le langage chez l'homme est le résultat du développement phylogénétique du système nerveux. Le langage, lors du développement d'un individu, est le résultat du développement et de l'organisation de son système nerveux. "Nous allons soigneusement prêter attention à cette dernière affirmation, qui en résumé signifie : le langage est le résultat de l'organisation neurologique. Et l'organisation  neurologique est décrite comme le développement ontogénétique, c'est-à-dire les étapes par lesquelles l'enfant passe jusqu à ce qu'il puisse se mettre debout et se déplacer, alternant l'avancement des pieds, avec la marche.

Pour moi, quand j'ai compris que j'avais découvert la description de ce que Rudolf Steiner appelle le processus de la marche, c'était comme si j'avais découvert le Paradis Perdu !

Réorganisation neurologique

Temple Fay et ses compagnons ont observé, et cela pour de nombreux peuples et civilisations au monde, que les enfants normaux, peu importe le peuple, faisaient toujours pendant leur développement les mêmes gestes stéréotypés, qu'ils ont appelé "patrons". Ils ont aussi observé que les enfants présentant des lésions cérébrales n'arrivaient pas à exécuter ces mouvements. Ils ont donc pensé:

"Si nous faisions en sorte que le patient, même  passivement, exécute ces mouvements patrons serait-il possible que son système nerveux central apprenne et ensuite assume la commande?"

Ils ont ainsi procédé et ont observé que réellement l'enfant en venait à exécuter ces mouvements. Mais, en plus de cela, ils ont aussi perçu que parfois le développement se poursuivait normalement, comme si le blocage qui empêchait ce développement avait été retiré après les "patrons", ils ont aussi inclus les autres mouvements qui appartiennent au développement naturel des enfants, tels que rouler, ramper, marcher à quatre pattes, etc. Les résultats furent les mêmes. Ils ont appelé ce procédé : réorganisation neurologique, qui doit être compris comme étant la récapitulation du développement ontogénétique étape par étape, avec la même  séquence que celle du développement normal.

Cette occurrence fut pour moi, orthophoniste qui recherchait quelque thérapie qui antécède les symptômes, une grande découverte... Me souvenant de ce que Rudolf Steiner avait dit, que le processus de la marche conduit à la parole (on entend ici quelque type de langage), je me suis convaincue que j'avais trouvé mon chemin. J'ai commencé à appliquer la thérapie pour quelques enfants, et pour d'autres non. J'ai perçu que pour ceux qui avaient bénéficié de la réorganisation neurologique les améliorations étaient beaucoup plus rapides et effectives j'en suis donc venue à l'utiliser dans tous les cas de parole et de langage, avec des résultats très positifs.

La réorganisation neurologique travaille le corps, et nous devons le travailler parce que celui-ci est pour ainsi dire le précurseur du langage oral, de 1'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Le langage gestuel et la mimique précèdent de beaucoup la parole articulée. Il est bon d'éclaircir ici que la réorganisation neurologique n'est pas le seul procédé durant notre processus thérapeutique. Elle sert de base dans tous les cas et suivant chaque perturbation d'autres  exercices sont pratiqués, selon les nécessités spécifiques. Quand j'ai pris conscience de ce qui pour moi était une grande découverte, trouvant un chemin pour lequel j'ai senti beaucoup d'affinité, j'ai pensé à procurer un bénéfice en transmettant cette méthode à mes collègues. Je confesse que j'ai eu alors une grande surprise quand j'ai remarqué qu'elle était très critiquée. Cependant, tenant compte des résultats très positifs pour les patients, ce qui m'importait le plus, et absolument convainque de sa validité, j'ai poursuivi mon chemin. J'ai donc commencé à étudier la  Neurologie,(je voulais savoir pourquoi une méthode aussi simple avait des résultats aussi efficaces).

Ici il n'y a pas le temps de discourir sur tout ce que j'ai appris, il me suffit de dire que je suis chaque jour devenue plus convaincue de la validité de la méthode et que, je le confesse, j'ai ressenti beaucoup de peine à cause des personnes qui la critiquaient. J'ai continué à étudier, et aujourd'hui encore j étudie. Et plus j étudie plus je me convainc que je suis sur la bonne voie.

Fonctions reflexo-végétatives

Cependant  comme orthophoniste, il me semblait que quelque chose manquait pour compléter la méthode idéalisée par Temple Fay. Dans sa philosophie  il affirme que si un enfant n'arrivait pas à accomplir une activité, par exemple marcher à quatre pattes, il ne faudrait pas l'entraîner à marcher à quatre pattes mais bien travailler les activités qui précèdent cette difficulté sachant que les fonctions réflexo-végétatives (respiration, succion, mastication et déglutition) sont connues comme fonctions pré-linguistiques, c'est-à-dire qu'elles préparent la neuro-musculature pour rendre possible l'articulation des phonèmes, des mots, de la parole comme un tout.

J ai commencé à observer que les enfants présentant des problèmes de parole (principalement les P. C.) avaient ces fonctions très endommagées et que les aphasiques les perdaient. Suivant le même raisonnement philosophique que Temple Fay, au lieu de tenter de corriger la parole et l'articulation proprement dite, j'ai commencé à travailler ces fonctions essentielles, pré-linguistiques, en elles-mêmes. Les résultats furent si prometteurs que ces activités sont alors passées à faire partie de "ma" réorganisation neurologique.

Nous savons que ce sont les propriocepteurs qui conduisent au cortex, à travers tout le système nerveux, les stimulis et les informations pour que l'Homuncule de Penfield y soit défini, provoquant comme conséquence ce que nous connaissons comme schéma corporel. C'est le procédé de maturité naturelle qui rend opérationnelles les structures neurologiques. L'individu qui a son homuncule bien imprégné, c'est-à-dire son schéma corporel mûr, peut faire n'importe quel mouvement avec son corps y compris les mouvements pour parler. Tous les mouvements exécutés durant les exercices de réorganisation neurologique font partie du programme génétique de l'être humain, et conduisent à la proprioception des muscles (faisceaux neuro-musculaires), des tendons (organes neuro-tendineux) et des articulations (récepteurs des capsules  articulaires). Dans la région de la bouche ces propriocepteurs existent également, et ils font aussi partie du potentiel génétique humain. De sorte que l'incorporation des exercices des fonctions neurovégétatives vient compléter, significativement je pense, la méthode originelle de réorganisation neuro-fonctionnelle.

D'un autre côté, ma méthode thérapeutique diffère, sous plusieurs aspects, de celle proposée par Doman et Delacato. Je travaille avec une orientation différente, principalement parce qu'au fond de ce que je fais, la philosophie anthroposophique (de R Steiner) prédomine.

La méthode pédagogique qu'il a préconisée conçoit que l'alphabétisation débute seulement quand l'enfant commence à changer ses dents, moment auquel le système nerveux central est évidemment mûr, permettant l'apprentissage naturel de la lecture et de l'écriture. Pour cette pédagogie, rien n'est anticipé; on attend le moment de maturité adéquat pour chaque activité. Chaque moment est marquant : chaque fois que nous pouvons dire que l'enfant est apte ou mûr pour telle action, cela signifie qu'il a atteint la maturité de cette possibilité en son système nerveux central, dans son cortex.

Nous ne devons pas vouloir enseigner à lire à un enfant si son centre occipital (de la vue) n'est pas développé, comme nous ne pouvons exiger ou entraîner un enfant de quatre mois à marcher. Nous devons au contraire toujours respecter la maturité neurologique, et c'est pour cette raison qu'il est important de bien connaître les étapes évolutives. Il existe beaucoup d'auteurs qui traitent du sujet, mais je considère que la source la plus complète est le travail de Gesell.

Une autre différence se rapporte à la séquence des exercices. Dans la méthode qui était appelée Doman-Delacato, et qui récemment a été nommée "méthode pour le développement du potentiel humain", on fait un bilan du patient et on détermine le niveau de développement où il se trouve, et les exercices commencent à partir de ce stade.

Von Bekesy se réfère ainsi au système nerveux central: Le système nerveux central est un complexe enchevêtré de circuits de ré-alimentation. Si nous donnons les impulsions les plus primaires, les chemins s'ouvrent et de nouveaux circuits peuvent être formés. Pour cela, je commence toujours par les exercices les plus simples, en continuant et en suivant à chaque séance de thérapie toutes les étapes de l'évolution naturelle.

Changent aussi les méthodes, quant à l'intensité et à la fréquence des exercices. Dans la méthode Padovan, les séances durent en général 30 à 40 minutes, deux fois par semaine. C'est seulement pour quelques cas plus graves que cette fréquence est augmentée. Chaque exercice est répété plusieurs fois, selon les possibilités physiques et ou les besoins de chaque patient et de chaque trouble, en cherchant à éviter le plus possible quelque fatigue musculaire.

Une autre différence se rapporte à la présence des parents pendant les thérapies. Je crois que les parents sont des éléments importants pour la thérapie de leurs enfants, mais seulement comme parents, qu'ils observent, accompagnent, et informent des problèmes et des changements qui sont survenus chez leurs enfants.

Il n est pas facile de remplir deux fonctions en même temps : être parent et thérapeute.

Puisqu'ils sont tellement importants, je demande toujours que l'un des parents (dans la plupart des cas, la mère) assiste à toutes les thérapies. La présence de la mère tranquillise l'enfant, et elle a l'occasion de savoir ce qui se passe avec lui. Quelquefois, pour certains exercices et quand c'est nécessaire, elle pourra aider le thérapeute.

Les exercices de la méthode

Je vais décrire brièvement les exercices, notre intention est de donner seulement une idée de ce qu'est la méthode Padovan de réorganisation neuro-fonctionnelle. Il n'y pas lieu, en un court exposé, d'enseigner une méthode qui est simple mais pas facile à appliquer; car les exercices doivent être parfaits pour diriger les informations correctes uniquement vers le système nerveux central.

• Patron homo latéral : fait en décubitus ventral, avec le visage tourné dans la même direction que celle de la flexion des membres supérieurs et inférieurs. Les membres du côté opposé restent étendus le long du corps, vers le bas. On alterne les côtés.

• Patron croisé : également en décubitus ventral, la tête continue à être tournée vers le bras qui est plié, l'autre bras reste avec la main dans le dos, et c'est la jambe de ce côté qui va se fléchir tandis que l'autre jambe reste étendue. Le bras et la jambe en flexion sont ainsi en opposition. Cette position est également alternée.

Il existe quatre autres exercices qui précèdent ces deux patrons et qui ne seront pas décrits ici par manque de place. Cependant, les deux exercices que nous pourrions considérer les plus importants sont les patrons ci-avant décrits. A la suite des patrons, nous allons pratiquer les activités propres au développement naturel et normal de tous les individus. On travaille avec tous les genre de locomotion de l'enfant, toujours dans l'ordre naturel du développement.

• Rouler si naturel qu'il ne nécessite aucune explication.

• Ramper  homo latéralement dans la même position que celle utilisée pour le patron homo latéral. Le patient impulse le corps avec le gros orteil de la jambe pliée et tire du même coté avec la main, toujours en alternant les côtés.

• Ramper, croisé : avec le torse plus dressé, on laisse le patient ramper spontanément. S'il ne réussit pas le mouvement croisé (main droite avec jambe gauche et vice versa), nous le laissons faire comme il veut, et avec le temps, quand il améliorera ses exercices de patron croisé, il y arrivera de lui-même.

• Marcher à quatre pattes

• Exercice du singe : marcher à quatre pattes avec les jambes tendues. Avec cet exercice on travaille beaucoup la force des bras. Très important pour les dysgraphiques

• Se mettre accroupi et se lever : doit être pratiqué avec toute la plante des pieds appuyée au sol (observer qu'il existe une étape de l'évolution des enfants pendant laquelle ils restent longtemps accroupis en jouant.)

• Marche croisée : la marche doit être faite avec des mouvements exagérés pour bien stimuler les propriocepteurs. Une des mains tape dans le dos tandis que l'autre frappe la jambe opposée, qui doit être pliée vers le haut. Nous pratiquons ceci seulement avec les enfants de plus de trois ans. Elle ne se pratique pas non plus pour les patients qui, en dépit d'un âge supérieur à trois ans, n'ont pas encore atteint cet âge neurologique.

(Note: ces exercices doivent être exécutés dans le même ordre que celui de leur exposé. Nous pouvons encore observer qu'avec ces exercices - ou activités - le patient va passer graduellement de la position horizontale à la posture verticale, comme cela arrive pendant le développement normal.)

• Cumulet : naturellement il est pratiqué seulement avec les patients qui peuvent le faire sans aucun type de dommage physique. Pour les porteurs du Syndrome de Down, le cumulet est pratiqué exclusivement avec l'autorisation du médecin traitant, surtout à cause du problème de l'atlas.

• Siège-hamac giratoire : il faut prendre des précautions, et ne pas pratiquer cet exercice avec des personnes qui ont des nausées. Après quelque temps (2 à 3 mois), on 1'incorpore petit à petit et ainsi le patient en bénéficiera sans plus ressentir de nausées. Il est très important pour la stimulation du vestibule.

• Exercices de la vue : série d'exercices (suivant toujours le développement normal qui provoquent des stimuli appelés Réflexo Opto Moteurs Ce sont des exercices mono et binoculaires. Il serait trop long d'expliquer leur application.

• Exercices des mains : il en existe également un grand nombre que nous ne détaillerons pas ici.

• Exercices de coordination : auto-mono motrices après les exercices visuels et manuels, nous pouvons faire différents types de jeux avec balle.

• Sauter à la corde : c'est un exercice très important pour l'orientation spatio-temporelle. Plusieurs modalités peuvent aussi être accomplies, suivant le patient.

Il existe encore d'autres exercices, parmi lesquels sauter sur un pied, sautiller, marcher en sautillant en rythme, etc. On peut même inclure quelques jeux d'enfants, car il fait partie du développement naturel de ceux-ci. Ce sont en général des jeux universels. A la suite des exercices corporels décrits ci-dessus, nous allons pratiquer ceux des fonctions Réflexo-Végétatives : respiration, succion, mastication et déglutition. Nous travaillerons ensuite le placement des phonèmes, avec des exercices spécifiques.

• Paroles : Tous les exercices sont accompagnés de paroles, récités par le thérapeute. On cherche à choisir des mots avec allitération des phonèmes, en particulier des phonèmes que le patient n'émet pas encore correctement (de sorte que la stimulation se fait avec des modèles corrects). On cherche encore a choisir des phrases qui apportent de bons messages, pour augmenter le vocabulaire et exercer le raisonnement. Ils sont importants pour induire un rythme. aux personnes qui n'en ont pas, et de plus, les muscles répondent mieux aux mouvements rythmiques.

Ces paroles sont de bons stimulants, tous les patients les aiment, peu importe leur âge.

A qui appliquer cette méthode ?

En tant qu'orthophoniste, nous appliquons cette méthode aux personnes qui présentent des problèmes d'élocution et ou de langage.

D'ailleurs, les personnes qui recherchent ce traitement ont en général ces troubles. Ils peuvent être présents non seulement chez les porteurs d'un certain type de déficience (comme le syndrome de Down la paralysie cérébrale, la déficience mentale, l'autisme, etc.), mais aussi chez les personnes d'évolution normale (dyslalies simples ou difficultés d'apprentissage de la lecture et ou de l'écriture).

Les problèmes de l'élocution et du langage, pour Temple Fay, ne constituent pas de problèmes différents, mais bien différents degrés d'un même problème, c'est-à-dire que les problèmes ont une même origine, qui est un certain désordre du développement ou de l'organisation du Système Nerveux Central . Si la cause en est la même, le traitement doit être le même, changeant suivant la gravité du trouble. C'est ce que nous faisons dans nos thérapies.

Conclusion

Comme on peut le constater, la méthode consiste en des exercices très simples et qui appartiennent à la nature humaine. Ce ne sont pas des mouvements créés artificiellement ou imaginés. Ils sont si simples qu'ils peuvent amener des personnes à douter de leur efficacité. La nature est simple, ses lois sont ici, à la disposition de ceux qui ont la capacité de les reconnaître, de les saisir et de les systématiser, pour ensuite en disposer adéquatement. Comme l'affirme Einstein: il n'existe aucun chemin logique pour découvrir les lois élémentaires de l'Univers - le seul chemin est l'intuition. Le mécanisme de la découverte n'est ni logique ni intellectuel, c'est une illumination subite presque une extase. Il est certain qu'ensuite l'intelligence analyse et que l'expérience confirme l'intuition.

Rudolf Steiner et Temple Fay ont eu ce privilège, d'avoir eu l'intuition et l'intelligence de confirmer cette intuition par l'expérience. Et j'ai eu la grande chance de connaître et de pouvoir bénéficier de leurs travaux.

Revenant à la pensée d'Einstein, citée au début de ce travail, j'aimerais ajouter que je ne sais si je travaille avec la science ou avec l'art. Je sais seulement que le système nerveux autant que l'homme sont encore mystérieux en regard de nos faibles connaissances. J'emploie un peu l'art quand je récite des versets en accompagnant les exercices. J'utilise aussi la science parce qu'en étudiant le système nerveux je prends connaissance  de  faits  scientifiques éclairants, comme par exemple l'existence de la plasticité neurologique et des facteurs neurotopiques, qui justifient pleinement le travail que je fais.Beatriz Padovan vit  au Brésil où elle exerce et enseigne. Elle anime aussi des stages et des conférences.

L'article paru dans Tournant numéro 69/70 de juin/juillet 1998 a suscité quelques questions telles que: qui est Béatrice Padovan? A-t-elle fait des publications personnelles? Où peut-on avoir des renseignements en France sur cette méthode? Où peut-on se former? etc....

Beatriz Padovan est brésilienne. Elle a été professeur à l'école Rudolf Steiner de Sao Paulo. Ce fut dans cette période d'enseignement, qu'elle rencontra des enfants ayant des difficultés de tous ordres: difficultés d'apprentissage, de mémorisation, d'écriture, de compréhension, mais aussi des difficultés de comportement, de relation aux autres. Souvent, Beatriz consacrait du temps  ces enfants-la, en dehors du temps scolaire, réinventant des histoires, imaginant d'autres manières d'expliquer.

Malgré ce qu'elle appelait "la meilleure pédagogie du monde", malgré tout le génie pédagogique personnel qu'elle pouvait mettre en oeuvre, malgré tout l'amour des enfants dont elle était capable, les difficultés persistaient. Beatriz faisait l'expérience dé la limite entre la pédagogie et la thérapie. Elle quitta donc l'école pour faire une formation d'orthophoniste. Puis elle pratiqua l'orthophonie en cabinet. Devant la récidive de certaines difficultés après des séances d orthophonie traditionnelle, elle voulut chercher plus loin. Ce fut une conférence de R. Steiner intitulée  : "Marcher Parler Penser" qui la mit sur la voie. Dans cette conférence, R. Steiner décrit les trois étapes des trois premières années de la vie comme essentielles pour toute la vie de chaque être humain; mais surtout il mentionne leur inter-relation: l'étape du " marcher" prépare l'étape du "parler" et l'étape du "parler" prépare l'étape du "penser". Beatriz prit conscience qu'en orthophonie traditionnelle elle rééduquait les difficultés de langage par des exercices liés au langage. Si cela améliorait certaines déviances, beaucoup d'autres persistaient, comme si seul le symptôme était soigné sans atteindre la cause. Beatriz décida alors de se pencher sur l'étape qui précède la parole selon Steiner: l'apprentissage de la marche.

C'est là qu'elle rencontra les travaux d'un neurochirurgien américain Temple Fay. Celui-ci avait fait un tour du monde avec une caméra pour observer les différentes phases de l'apprentissage de la marche chez les enfants de différents pays. Il observa alors que tous les enfants du monde parcouraient les mêmes  étapes, avaient les mêmes "patrons" pour cet apprentissage. Seuls des principes d'éducation restrictifs ou des obstacles internes à l'enfant (handicap) empêchaient certains enfants de vivre ces étapes. Temple Fay répertoria cette succession de patrons de base en les reliant avec la notion de "maturation neurologique".

En effet les dix dernières années de recherche scientifique ont mis en évidence que notre système nerveux n'est pas achevé à la naissance. Les cellules étant là, l'achèvement de leur réseau de communication est intimement lié aux stimulations sensorielles et affectives qui vont permettre ou non, la création de connections entre elles. Ces données scientifiques viennent confirmer ce que R. Steiner disait aux pédagogues au début du siècle. Chaque jardinière d'enfants sait, entre autre, que les organes des sens sont inachevés chez le tout petit enfant, et que c'est en fonction de ce que l'oreille perçoit que celle-ci achève de se former, en fonction de ce que l’œil voit, qu'il se mature. D'où le soin particulier donné a l'atmosphère "sensorielle" des jardins d'enfants Waldorf : La musique est donnée par un instrument ou par la voix de la jardinière et non par une cassette enregistrée. Les couleurs, les odeurs, le toucher, toutes ces expériences sensorielles sont proposées avec ce profond respect du développement de l'enfant.

Temple Fay apporta un éclairage sur la maturation neurologique liée au développement du mouvement chez le petit enfant. Il décrivit comment, partant de l'horizontale du berceau et allant vers la verticale de la marche de l'adulte. en passant par le : Rouler ramper marcher à quatre pattes; l'enfant mature son système nerveux en partant des circuits les plus inconscients (moelle épinière, cervelet) pour aller jusqu'au cortex, qui permet la pensée consciente.

Beatriz Padovan, à partir des observations scientifiques de Tempte Fay, y ajouta son génie de pédagogue. Elle proposa dans une seule séance, une récapitulation de ces mouvements de base. Elle y apporta le rythme, thérapeutique par excellence, en accompagnant chaque mouvement par des poèmes, des comptines ou des chansons.

A cette récapitulation des mouvements de tout le corps elle adjoignit ce qui fut sa propre recherche à partir de la maturation des fonctions de la bouche : pour parler, nous utilisons la même neuro-musculature que pour manger et respirer. L étape du parler sera donc améliorée également par cette récapitulation des mouvements premiers de la bouche: succion, mastication, déglutition, ainsi que la respiration qui touche des zones bien plus étendues que la bouche. Ces fonctions appartiennent aussi à des circuits situés en-dessous du niveau de la conscience et seront accompagnées de poésies et rythmes.

Toute cette réorganisation se complète par une récapitulation du développement de la main et de l'oeil. Par les poèmes et comptines, le sens de l'ouie est aussi stimulé. Si la  thérapeute se relie au sens de la parole, du verbe, en laissant sonner tout son instrument corporel par sa Voix, une récapitulation ontogénétique sonique peut aussi être apportée.

L'une des surprises que rencontra Beatriz Padovan et les praticiens de sa méthode fut de s'apercevoir qu'avec ce travail, non seulement le langage était amélioré, mais aussi d'autres éléments inattendus. Les parents observent: " il ne fait plus pipi au lit; il est moins agressif, maintenant il invite des copains; il est plus présent à ce qui l'entoure; il écrit mieux (alors qu'on ne fait pas de pages  d'écriture); il est plus gai; il s'organise mieux dans son travail; il s'oriente plus facilement pour aller en ville, etc."

Toutes ces adaptations à la vie quotidienne faisaient souvent défaut, mais on n en parlait pas parce que moins visibles qu'une inversion de lettre ou qu'un défaut de prononciation. Toutes sont liées au processus de maturation neurologique. Elle deviennent efficientes dès que le système nerveux reçoit des stimulations  adéquates.

En proposant une récapitulation des mouvements du début de la vie, nous stimulons le système nerveux avant la difficulté repérée (dyslexie, instabilité comportementale, hyper-activité ou hypotomie, etc). De ce fait, nous avons plus de chance de " balayer" la zone où l'étape de maturation a été lésée ou non stimulée. Ce qui entraîne une amélioration globale de tout l'être.

En France, l'association Synchronicité organise avec Beatriz Padovan des formations pour les paramédicaux (orthophonistes, psychomotriciens. kinésithérapeutes etc.) dans la région lyonnaise. Pour plus de renseigne nous contacter :

Mme Hélène Petit

Synchronicite
34  Chemin du Juge de Paix

69130 ECULLY

Tel/Fax: 04 78.33.49.01

Objectifs de la méthode Padovan :

La réorganisation neuro-fonctionnelle travaille sur les pré-requis de l'évolution de l'individu (ontogenèse). Elle donne une base corporelle juste et une structure aux étapes du développement, facilitant ainsi un meilleur ancrage pour toutes les acquisitions et les activités quotidiennes de la vie. Elle favorise :

1.       une amélioration de la maturation du système nerveux dans les troubles du développement d'ordre sensori-moteur, psycho-affectif, troubles du comportement et difficulté d'apprentissage.

2.       une stimulation de nouvelles voies neuronales et des aires associatives dans les cas de lésions accidentelles du système nerveux central. Elle est une application directe de la neuro-plasticité.

Historique de la méthode :

Béatriz PADOVAN, pédagogue et orthophoniste brésilienne, a mis au point une méthode globale de réorganisation neuro-fonctionnelle basée sur la récapitulation de l'ontogenèse motrice et sensorielle.

Après 30 ans d'expérience et de recherche, Béatriz PADOVAN enseigne sa méthode appuyée sur des écrits en pédagogie de R.Steiner, sur les travaux  en neurologie de Temple Fay et sur les recherches scientifiques actuelles.

Aujourd'hui les progrès de la science concernant la régénération du système .nerveux enrichissent et confirment la méthode PADOVAN.

En France la formation est organisée par le :

C.E.M.E.P Formation

20 rue Jules Brunard

69007 LYON

Tel : 04.78.72.13.84

Fax : 04.78.72.26.16

"Certains types de neurones continuent à être produits tout au long de la vie chez toutes les espèces de mammifères étudiées, y compris l'homme. L'existence de cette neuro-genèse (=production de nouveaux neurones) pourrait modifier les théories du fonctionnement cérébral". Heather CAMERON, ETATS UNIS (article paru dans La Recherche N°329, mars 2000)